De nouvelles recherches suggèrent que l’état d’esprit d’une personne peut jouer un rôle beaucoup plus important dans la santé cérébrale qu’on ne le pensait auparavant. Une étude à long terme a découvert un lien significatif entre l’optimisme et un risque réduit de développer une démence, laissant espérer que les habitudes mentales pourraient être un élément clé de la prévention de la démence.
L’étude : briser le cycle « poulet ou œuf »
Pendant des années, les scientifiques se sont demandé si une vision pessimiste était une cause du déclin cognitif ou simplement un premier symptôme de celui-ci. Une étude récente portant sur plus de 9 000 adultes américains plus âgés a apporté des éclaircissements indispensables.
En suivant les participants sur une période de 14 ans, des chercheurs du Harvard T.H. Chan School of Public Health a pu observer comment les traits de personnalité initiaux influencent les résultats de santé à long terme. Les résultats ont été frappants :
- Risque réduit : Les personnes présentant des niveaux d’optimisme sensiblement plus élevés (un écart type au-dessus de la moyenne) ont vu un risque réduit de 15 % de développer une démence.
- Causalité et symptôme : En excluant les participants ayant développé une démence peu de temps après le début de l’étude, les chercheurs ont démontré qu’un manque d’optimisme n’est pas seulement un sous-produit du vieillissement cérébral : il peut en fait en être un précurseur.
- Facteur indépendant : L’association est restée forte même après avoir pris en compte d’autres variables telles que la santé mentale de base, ce qui suggère que l’optimisme est un facteur de protection distinct.
Pourquoi l’optimisme est important pour la santé cérébrale
Alors que les scientifiques recherchent encore une « voie d’optimisme » spécifique dans le cerveau, les experts médicaux soulignent plusieurs raisons biologiques et comportementales pour lesquelles une attitude positive pourrait agir comme un bouclier.
1. Gestion du stress et biologie
L’optimisme est étroitement lié à la façon dont le corps gère le stress. La Dre Cathryn Devons, spécialiste en gériatrie, note que les individus optimistes ont tendance à rester plus calmes, ce qui conduit à :
– Abaisser la tension artérielle.
– Inflammation cérébrale réduite.
– Diminution des niveaux de cortisol : Des niveaux élevés de cette hormone du stress sont des facteurs de risque connus de perte de mémoire.
2. Des choix de vie plus sains
Il y a une composante comportementale à l’optimisme. Les personnes ayant une attitude positive sont statistiquement plus susceptibles d’adopter des comportements « protecteurs », comme une activité physique régulière et le maintien de liens sociaux solides, qui ont tous deux été prouvés pour maintenir le cerveau en alerte.
3. Engagement cognitif
Maintenir une perspective optimiste nécessite des fonctions cérébrales de plus haut niveau. Le Dr Clifford Segil suggère que l’effort mental requis pour recadrer les défis et se concentrer sur les résultats positifs peut aider à maintenir le cerveau activement engagé et résilient.
La bonne nouvelle : l’optimisme est une compétence
Le point le plus important à retenir de cette recherche est peut-être que l’optimisme n’est pas un trait fixe. Contrairement à de nombreux facteurs génétiques, votre vision peut être formée et cultivée grâce à une pratique intentionnelle.
Les experts suggèrent plusieurs façons accessibles de favoriser un état d’esprit plus positif :
- Recadrage cognitif : Pratiquer l’habitude de considérer les défis comme gérables plutôt qu’insurmontables.
- Journal de gratitude : Écrivez chaque jour trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant afin de vous concentrer sur des résultats futurs positifs.
- Pensée tournée vers l’avenir : Imaginer des possibilités réalistes et positives plutôt que de sombrer dans des scénarios pessimistes de type « et si ».
- Connexion sociale : Rester actif dans les cercles sociaux pour renforcer la résilience émotionnelle et cognitive.
“Ce qui est encourageant, c’est que l’optimisme n’est pas figé : il peut être entraîné”, explique le Dr Davide Cappon, neuropsychologue au Tufts Medical Center.
Conclusion : Même si les facteurs liés au mode de vie, comme l’exercice, restent vitaux, cultiver un état d’esprit optimiste peut offrir un moyen puissant et proactif de soutenir la santé cognitive à long terme et de réduire le risque de démence.
