Le diabète de type 1 triple le risque de démence, selon une nouvelle étude

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Les personnes atteintes de diabète de type 1 courent près de trois fois plus de risques de développer une démence que les personnes non atteintes, selon une étude récente publiée dans Neurology. Cette découverte met en évidence un lien jusqu’alors peu étudié mais significatif entre les maladies métaboliques à long terme et le déclin cognitif.

L’inquiétude croissante : pourquoi maintenant ?

Pendant des années, le diabète de type 1 était souvent mortel avant que les patients n’atteignent l’âge où la démence se manifeste généralement. Cependant, les progrès médicaux ont allongé la durée de vie, permettant aux chercheurs d’observer les conséquences neurologiques à long terme de la maladie. Cette étude, analysant plus de 275 000 adultes, révèle une forte disparité :

  • 2,6 % des personnes atteintes de diabète de type 1 ont développé une démence.
  • 1,8 % des personnes atteintes de diabète de type 2 ont développé une démence.
  • Seulement 0,6 % des personnes non diabétiques ont connu un déclin cognitif.

Ces chiffres, même après prise en compte de l’âge et de l’éducation, confirment un risque considérablement élevé pour les personnes atteintes de diabète de type 1. Les chercheurs notent que le lien semble cohérent selon les données démographiques, indiquant un effet biologique universel.

Quel est l’impact du diabète sur la santé cérébrale ?

Le risque accru de démence découle des effets néfastes du diabète sur les vaisseaux sanguins, y compris ceux du cerveau. Une glycémie élevée prolongée (hyperglycémie) et une hypoglycémie fréquente (hypoglycémie) peuvent directement nuire aux tissus cérébraux. De plus, l’inflammation chronique et le stress oxydatif contribuent au déclin cognitif.

« Toutes les formes de diabète affectent les vaisseaux sanguins, y compris ceux du cerveau, et les lésions vasculaires augmentent le risque de démence », explique Michal Schnaider Beeri, PhD, directeur du centre de recherche Herbert et Jacqueline Krieger Klein sur la maladie d’Alzheimer à l’université Rutgers.

Étant donné que le diabète de type 1 apparaît souvent plus tôt dans la vie, les individus peuvent connaître des périodes plus longues d’instabilité métabolique, ce qui pourrait accélérer les lésions cérébrales.

Que peut-on faire ?

Même si l’étude ne prouve pas le lien de causalité, elle renforce l’importance d’une gestion proactive du diabète. Les experts recommandent :

  • Contrôle strict de la glycémie : Minimisation des niveaux de glucose élevés et faibles.
  • Activité physique et cognitive : Maintenir un mode de vie actif pour soutenir la santé cérébrale.
  • Gestion des risques de maladies cardiaques : Aborder les facteurs vasculaires qui contribuent au déclin cognitif.
  • Discussions régulières sur les soins de santé : Surveillance de la fonction cognitive parallèlement aux soins du diabète.

La détection précoce des changements cognitifs est également cruciale, car un déclin non traité peut aggraver la gestion du diabète, créant ainsi un cercle vicieux.

Cette recherche souligne la nécessité d’une plus grande sensibilisation et de stratégies de soins adaptées aux personnes atteintes de diabète de type 1, en particulier à mesure qu’elles vieillissent. Les résultats soulignent que la santé métabolique à long terme est intrinsèquement liée au bien-être cognitif.